Emmanuel Maurel : « Il faut des âmes fortes pour sauver l’Europe »

par Le figaro.fr, publié le 17/09/2018 à 18:00

INTERVIEW VIDÉO – Le député européen socialiste était l’invité d’Yves Thréard.

«Nous avons subi une telle débâcle électorale que nous flirtons avec la marginalité politique…» Invité mardi du «Talk Le Figaro», Emmanuel Maurel, chef de file de l’aile gauche du PS, dresse un constat sans appel. Si ce constat de l’eurodéputé est globalement partagé au sein de son parti, quoique de façon parfois moins brutale, tous ne considèrent pas que l’affaire est sans espoir. Maurel pour sa part, ne voit qu’une issue : «Il faut faire des choix que je qualifierais de radicaux.» Et il semble loin d’être assuré que ces choix puissent être posés.

Maurel va-t-il donc se décider, comme il le laisse entendre depuis des mois maintenant, à quitter le PS pour constituer sa propre formation politique avec la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann, et rejoindre La France insoumise en vue des européennes ? Le suspense n’est pas encore complètement levé même s’il donne des signes de rupture de plus en plus évidents. Dans son rejet d’un éventuel retour de François Hollande, déjà, «incapable de reconnaître ses erreurs et qui n’assume rien de ses fautes politiques». Mais aussi sur l’Europe.

«L’Europe pour la sauver, car nous en sommes là, il faut des âmes fortes et des caractères vigoureux avec des visions précises. Je prétends faire partie de ceux-là», a-t-il ainsi asséné. Un hommage en creux à son ami Jean-Luc Mélenchon, le leader des Insoumis, mais aussi un missile envoyé à certains de ses pairs socialistes comme le commissaire européen Pierre Moscovici. Ce dernier n’a pas complètement écarté la possibilité de se présenter comme tête de liste socialiste. Or, il incarne pour Maurel «les sociaux-démocrates» qui ont «un problème de crédibilité» en Europe. «Ils n’ont pas été brillants et ils se sont englués dans de grandes coalitions avec la droite qui aboutissent à l’impuissance, voir à l’oubli de nos idées et de nos propositions

Poser les bases

Lors d’un bureau national mardi soir, les socialistes devaient justement poser les bases de leur texte d’orientations européennes. Et leurs désaccords. Lundi, la commission chargée de rédiger le texte s’est réunie de 10 heures jusqu’à minuit, pour tenter d’aplanir les différents. Eurodéputé et membre de ce groupe, proche du premier secrétaire Olivier Faure, Christine Revault d’Allonnes l’assure : «Les tenants des différents courants avec beaucoup en commun, contrairement à ce que les uns et les autres veulent laisser croire.» Elle-même «disponible» pour être tête de liste si Moscovici renonçait à être candidat, Revault d’Allonnes reconnaît cependant deux désaccords majeurs, susceptibles de créer rapidement la rupture avec Maurel. D’abord «une volonté de quitter l’Otan» qui ne serait selon elle «partagée par personne chez les socialistes européens». Mais aussi «sa volonté de quitter le groupe des socialistes, le PSE, si le Spitzenkandidat, leur chef de file, ne devait pas convenir». Or, pour l’eurodéputée PS, «le choix du chef de file européen est soumis au vote de l’ensemble des militants socialistes. Nous devons respecter cette procédure démocratique».

2018-09-21T10:12:47+00:00 21st septembre 2018|Categories: Dans les médias, Europe, Vie du Parti|