Emmanuel Maurel dans « Territoires d’Infos » sur Public Sénat le 11 juin 2018

émission enregistrée en direct à 8h00 le lundi 11 juin 2018 – Emmanuel Maurel, député européen socialiste, était interrogé par Cyril Viguier de Public Sénat, Marcello Wesfreid du Figaro et Patrice Moyon de Ouest-France.

Vous trouvez ci-dessous le résumé de son propos et plus bas la vidéo de l’émission.

« L’Europe était insuffisamment préparée au programme de Donald Trump, parce qu’elle ne croyait pas qu’il l’appliquerait. Pourtant, malgré l’effarement que produisent ces décisions, il n’y a rien d’étonnant : il met en oeuvre ce qu’il avait annoncé. Maintenant, pour une fois j’ai l’impression que l’UE a décidé de se faire respecter, en tout cas c’est ce qui est en train de se préparer. J’espère que ce sera le cas jusqu’au bout, mais je suis inquiet sur l’accord iranien car je ne comprends pas que l’on ne se donne pas les moyens de se faire respecter face à l’extra-territorialité du droit américain. »

« Je conteste et ne comprends pas l’utilité de la réforme engagée sur la SNCF et surtout les arguments du gouvernement qui consistaient à opposer la dette de la SNCF et le statut des cheminots, de manière totalement absurde. Il faut encore avancer sur le dossier du statut des cheminots et de la préservation des petites lignes. »

« Les aides sociales sont parfaitement efficaces ; on ne fait d’ailleurs pas assez de pédagogie et d’information sur les aides sociales comme le RSA, ce qui explique qu’une minorité de ceux qui ont droit le demande. On a constitué un filet social, pendant des années, gouvernement de gauche comme de droite. Il faudrait s’interroger sur les politiques d’exonérations de cotisations sociales pour les entreprises alors qu’on n’en a jamais vu de résultats sérieux. Il faudrait les réinterroger, mais il ne me semble pas que ce soit la priorité du président de la République bien au contraire. »

« Les désaccords que nous avions avec Olivier Faure pendant le congrès du PS demeurent. Je regrette que le Parti socialiste soit insuffisamment audible et combatif, car nous ne sommes pas suffisamment sortis de cette ambiguïté vis-à-vis du nouveau pouvoir. Parfois j’ai l’impression que les socialistes sont trop mous, alors qu’il faudrait être plus virulents. Olivier Faure a une ligne politique qui se veut balancée et équilibrée mais qui l’est parfois trop. Tous les jours, il y a des annonces anti-sociales, de privatisations dangereuses, ou des affaires créant la suspicion dans les rapports entre le pouvoir et le monde de l’argent, dès la campagne de l’élection présidentielle. Le PS devrait être en première ligne pour dénoncer l’affaire Khoeler. »

« Je suis dans le Parti socialiste, mais rien ne m’interdit de parler librement et de le faire avec d’autres. Le colloque « Gauche, année zéro » visait à rassembler toute la gauche républicaine, anti-libérale et écologique plutôt que de constater l’émiettement de la gauche. »

« Je me suis déjà exprimé sur Pierre Moscovici, ce serait un drôle de signal que de proposer comme candidat de socialistes un commissaire sortant de la commission Juncker dont on ne peut pas dire qu’elle ait réussi, quelles que soient ses qualités personnelles. Si c’est pour reconduire ce qui s’est fait avant je ne suis pas d’accord. Il y a une ligne de fracture sur l’Europe dans le pays ; il y a un sentiment ambivalent, Européens de cœur et de raison, les Français voient bien que l’Union européenne échoue à les défendre. Le sujet n’est pas de trouver une tête de liste pour les élections européennes ; idéalement il faut mettre tout le monde d’accord à gauche, une liste de rassemblement de toute la gauche, avec 5 projets concrets que l’on peut réellement faire avancer au parlement européen (arrêtons de mentir aux gens, les élections européennes et le parlement européen ne changeront pas fondamentalement les équilibres dans l’Union) en prise avec la vie concrète des gens« .

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2018-06-11T15:51:23+00:00 11th juin 2018|Categories: Dans les médias|