Emmanuel Maurel : « Le PS doit retrouver pour qui il se bat »

Candidat au poste de premier secrétaire du PS, le député européen Emmanuel Maurel a rencontré mardi soir les militants bas-rhinois.

Comment marquez-vous votre différence avec les autres candidats ? –

Différence ? Disons singularité. Je veux convaincre mes camarades que le PS peut relever la tête. Même si on nous le décrit comme un grand cadavre à la renverse, je crois que le parti a encore de la ressource pour redevenir central dans la société. Mais il faut qu’il sache qui il est, pour qui il se bat et ce qu’il veut. J’insiste sur « pour qui il se bat » parce que nous avons perdu de vue ces dernières années que notre objectif était de nous battre pour les ouvriers, les employés du privé comme du public, la jeunesse, ceux qui aspirent à avoir un travail… Ils ont eu le sentiment parfois que le PS se détournait d’eux. Le quinquennat, de ce point de vue là, ne leur a pas donné tort. Nous nous sommes trop intéressés aux grands équilibres économiques, à la marge des entreprises, et pas assez à la vie quotidienne des gens. –

Un maître-mot de campagne ? –

Je viens avec un objectif de clarté. Sur notre bilan. Sur notre rapport à Macron : rappeler à quel point nous sommes opposés à cette politique développée depuis six mois, injuste et déséquilibrée. Clarté enfin sur notre volonté – en tout cas la mienne – de rassembler la gauche le plus largement possible, car je considère que rien de ce qui est à gauche ne nous est étranger. Ce que je propose, c’est la synthèse entre les fondamentaux du socialisme français et les luttes nouvelles qui émergent chez nous et dans le monde. – La fédération du Bas-Rhin a perdu plusieurs élus qui ont rejoint La République en marche.

Comment panser ces plaies-là ? –

Beaucoup d’autres fédérations ont été éprouvées. La période calamiteuse de la campagne présidentielle a été émaillée de trahisons navrantes, puis ce fut la confusion des législatives où l’on voyait des socialistes s’afficher avec la tête du président de la République ! Il faut être clair, là aussi, ne pas accepter les compromissions. –

Le préfet du Bas-Rhin vient d’être chargé de réfléchir à une collectivité spécifique Alsace dans le Grand Est. Qu’en pensez-vous ? –

A priori je ne suis pas favorable à une différenciation de la décentralisation sur la France métropolitaine. Je ne suis pas hostile au droit à l’expérimentation, mais la France n’est pas un État fédéral, c’est un État unitaire, et la meilleure façon d’assurer l’égalité entre les territoires, c’est d’assurer une forme commune à la décentralisation. Cela n’interdit pas les singularités : l’Alsace bénéficie de bien des dispositions dérogatoires, dont le concordat est la plus spectaculaire.

2018-02-08T11:25:15+00:00 8th février 2018|Categories: Non classé|